Bilan

Gagnantes du Concours !

Hello les Cuties!

On vous offre aujourd’hui les récits des deux demoiselles qui ont gagné le concours de Septembre 2021 nommé :

“Mon Rêve est une Histoire”

J’espère que ça va vous plaire, car nous on a adoré! on aurait même aimé une suite :p 

Bonne lecture les Cuties!

Première Gagnante

« Un très proche inconnu« 

Lee Sang-Tae fit claquer bruyamment la porte de son appartement dans un soupir.

Enfin rentré ! Enfin le week-end !

Cela faisait une semaine à peine qu’il avait commencé ce nouveau job, et il était déjà épuisé. Il faut dire qu’avant lundi dernier, il y avait bien longtemps qu’il n’avait plus occupé de poste qui demandait de vrais efforts physiques. Jusque-là, il vivotait de petits jobs de livreur ou de caissier. Mais récemment, il avait eu envie de changement.

Il avait compris que les emplois à temps partiels qu’il cumulait habituellement lui laissaient tout de même bien trop de temps pour laisser vagabonder ses pensées, et pour s’apitoyer sur sa solitude. Il avait besoin d’autre chose.

Il était tombé sur une offre d’emploi pour rejoindre l’équipe d’un paysagiste. Déplacer des sacs d’engrais et des outils, planter des arbres là où on lui disait de le faire… Aucune expérience requise, le ciel comme seul plafond, et un patron qui n’est pas sur votre dos toute la journée… Le job rêvé pour Sang-Tae. Il était vraiment heureux d’avoir pu profiter de cette opportunité.

Abandonné à la naissance, il avait vécu dans un orphelinat sans jamais connaître ni parents, ni famille. Peu doué pour les études, et entouré uniquement de gamins aussi paumés que lui, il avait passé plus de temps à se bagarrer à l’école qu’à réellement suivre les cours et à s’instruire.

Il avait quitté l’orphelinat pour accomplir son service militaire dès qu’il avait pu, puis il était revenu s’installer à Séoul, cumulant les emplois à temps partiels pour gagner de quoi louer un minuscule appartement, et vivre à peu près convenablement.

Sang-Tae avait toujours été un solitaire. Sans famille, il avait également peu d’amis. Il sortait parfois avec des collègues de travail si l’occasion se présentait, mais comme il s’ennuyait vite de son environnement et aimait changer de décor, il n’arrivait jamais vraiment à tisser de liens, et perdait naturellement les gens de vue après avoir trouvé un nouvel emploi.

Aujourd’hui, à 28 ans, il ressentait le besoin de briser cette routine silencieuse et de trouver au moins une personne sur qui compter et qui égayerait un peu la morosité de ses journées.

cette personne, il pensait enfin l’avoir trouvée.

Et

À cette simple pensée, un grand sourire se dessina sur son visage. À cet instant, Sang-Tae n’avait plus qu’une idée en tête : prendre une bonne douche qui soulagerait ses muscles endoloris et effacerait la sueur poisseuse qui lui collait à la peau, se préparer un grand bol de nouilles instantanées, et enfin contacter son oiseau de nuit préféré.

L’oiseau de nuit en question ? Un homme qu’il avait connu sur une application de rencontre gay quelques semaines auparavant et avec lequel il passait désormais toutes ses soirées à discuter.

Sang-Tae avait compris très tôt qu’il n’aimait pas les filles. Il n’en avait jamais eu honte, et s’il ne l’affichait pas fièrement, c’est tout simplement qu’il n’avait dans sa vie personne à qui faire confiance et avec qui il était assez proche pour en parler.

Pour seules relations amoureuses, il avait simplement connu jusqu’à présent quelques amants de passage, des relations libres plutôt superficielles, sans attaches. Ce n’était pas obligatoirement ce qu’il cherchait, mais sa nature farouche avait sûrement dissuadé quiconque d’espérer obtenir plus de sa part. Il en jouait peut-être un peu aussi. Malgré lui, il se tournait toujours vers des play-boys, des hommes qu’il sentait d’avance peu sérieux dans leurs relations, et qui ne risqueraient pas de s’accrocher à lui et de perturber sa tranquillité.

C’est justement en recherchant son prochain partenaire éclair sur une nouvelle application de rencontre que Sang-Tae était tombé sur le profil du fameux «Oiseaudenuit». Ils se parlaient maintenant depuis un moment, et Sang-Tae était très vite tombé sous le charme de cet homme dont il ne connaissait pourtant pas grand-chose.

C’était sa photo de profil qui l’avait d’abord intriguée. Quand la plupart des gens affichent leur visage ou leurs abdos sur ce genre d’application, Oiseaudenuit avait choisi de montrer la cambrure de ses reins, sur laquelle était tatouée une envolée d’hirondelles. Une image à la fois chaste, car elle s’arrêtait juste au-dessus des fesses et ne laissait rien entrevoir d’explicite, et pourtant teintée d’un certain érotisme qui avait directement tapé dans l’œil de Sang-Tae.

De son côté, lui aussi avait opté pour une image de profil qui en dévoilait peu : une simple photo de sa bouche affichant un sourire en coin qu’il espérait mystérieux et envoûtant.

Tombé sous le charme de la chute de reins d’Oiseaudenuit au premier regard, Sang-Tae, alias « Toujoursdebout23 », n’avait pas attendu plus de quelques secondes pour contacter son nouvel amant potentiel :

– Salut bel oiseau, tu aurais un peu de temps à m’accorder pour discuter ?

– Hmm… Dis-moi d’abord à quoi fait référence ton pseudo, et j’étudierais la question…

– C’est juste mon état d’esprit général. Peu importe les coups que je peux recevoir de la vie, je fais en sorte de continuer d’avancer sans m’apitoyer. Quelque chose comme ça…

– Ah… J’avais peur que tu sois un pervers et que ça fasse référence à ton propre petit oiseau… C’est pour ça que j’ai préféré demander.

– Non pas du tout. Par contre 23, c’est pas mon âge et ça fait bien référence à mon pas si petit oiseau…

Et c’est ainsi que « Toujoursdebout23 » avait commencé à faire virtuellement du rentre-dedans à « Oiseaudenuit », un homme âgé de dix ans de plus que lui.

Depuis, ils passaient chaque soirée à discuter. Sang-Tea s’était clairement inscrit sur l’application pour trouver un nouveau partenaire sexuel, mais très vite, il comprit qu’une relation inhabituelle était en train de le lier à Oiseaudenuit.

Même s’ils échangeaient régulièrement leurs fantasmes et se racontaient l’un l’autre comment ils aimeraient s’embrasser, se toucher, et plus si affinités, un réel attachement s’était créé et ils s’inquiétaient de savoir comment la journée de chacun s’était déroulée, s’ils avaient bien mangé… Ce genre de petites attentions qu’on réserve habituellement plus à un potentiel petit ami qu’à un potentiel sex-friend.

Ça n’avait pas échappé à Sang-Tae, et gêné de la tournure que prenaient les événements, il avait décidé de poser des limites : ils pouvaient parler de leurs vies personnelles, mais jamais évoquer les détails de leur vie privée. Ils ne connaissaient donc rien du nom de l’autre, du quartier dans lequel il vivait, du métier qu’il exerçait…

Après une bonne douche revigorante et un bol de nouilles avalé en quatrième vitesse, Sang-Tae était donc maintenant comme chaque soir prêt à retrouver son oiseau de nuit pour discuter.

Installé confortablement dans son lit, il n’avait plus qu’à attendre d’être contacté.

*BABOUM*

Le son de l’application lui indiquant qu’il avait reçu un message retentit dans la chambre de Sang-Tae.

Et il saute sur son téléphone pour y répondre.

– Salut toi ! T’as passé une bonne journée ?

– Vraiment crevé. J’ai bien cru que ce nouveau job allait me tuer ! Mais toujours debout !

– Ah Ah !

– Et toi, tu vas bien, t’as mangé ?

– Ouais, un truc vite fait. T’as des plans pour le week-end ?

– Non rien de particulier, je veux juste me reposer.

– Tu veux qu’on se voie ?

Le cœur de Sang-Tae manqua presque un battement. Il n’était pas timide de nature, mais il sentait un vent de panique s’emparer de lui à l’idée de rencontrer Oiseaudenuit.

Cette relation virtuelle était ce qui ressemblait le plus à une relation de petit ami pour lui jusqu’à aujourd’hui. Et il avait affreusement peur qu’une rencontre réelle vienne briser la magie entre eux. Il prit une grande inspiration pour trouver le courage de répondre honnêtement.

– Tu m’en veux si je te dis que je ne suis pas encore prêt ?

– Non pas du tout, je ne veux pas te forcer, c’est juste… Que j’ai vraiment envie de te rencontrer.

– Laisse-moi encore un peu de temps. Bientôt, je te promets. Je te jure que moi aussi je veux te rencontrer, te toucher…

– Ah ouais ? Ben à défaut de ne rien pouvoir faire en vrai pour le moment, tu pourrais déjà m’expliquer comment tu voudrais me toucher…

Sang-Tae passa alors une bonne partie du week-end à s’imaginer se lover contre le dos de son Oiseaudenuit, effleurer et embrasser cette nuée d’hirondelles tatouée au creux de ses reins. Et il ne manqua pas d’expliquer tout ça à son compagnon de manière très imagée.

Le lundi suivant, alors qu’il arrivait devant l’entreprise dans laquelle il était nouvellement embauché, Sang-Tae s’étonna de ne pas voir garée près de la devanture la vieille camionnette de Ma Jang, son collègue.

Jang était un gars dans la cinquantaine, plutôt jovial et sérieux dans son travail. Dès les premiers jours, il avait mis Sang-Tae à l’aise, le prenant sous son aile pour lui expliquer chacune des tâches qu’ils avaient à réaliser, et l’aidant de bon cœur quand il se sentait perdu.

Chaque matin, ils avaient pris l’habitude de se rencontrer devant la boutique, puis de prendre ensemble un café dans la salle de repos, avant de se rejoindre les autres employés dans la salle de réunion, pour recevoir de leur patron des directives sur les missions à réaliser dans la journée.

Le patron ? Cha Won-Suk, un homme d’une quarantaine d’années. C’était lui le cerveau de l’entreprise. Il concevait les plans des aménagements paysagers, gérait les commandes et le relationnel avec les clients. Il dirigeait une trentaine d’employés, comme Sang-Tae et Jang, qui étaient ses bras et ses muscles sur le terrain. La plupart travaillaient en équipe de 4 ou 5 personnes. Jang qui était le plus vieux et le plus expérimenté avait la charge de travailler en binôme avec les nouveaux arrivants sur de petits chantiers pour les former sans pression.

Le premier jour, avec un grand sourire aux lèvres, Jang avait expliqué ce fonctionnement à Sang-Tae, en lui disant à quel point Cha Won-Suk, leur patron, était brave et bienveillant en lui laissant carte blanche pour former les jeunes employés. Il était vraiment fier de cette marque de confiance accordée. Il avait ajouté, un peu ému, que leur patron faisait sans doute aussi ça pour lui permettre de compenser la faiblesse de ses vieux os, en lui accordant des coéquipiers fringants et pas encore épuisés par ce travail plutôt physique.

Sang-Tae, plus habitué à être sous la coupe de chefs d’équipe un peu tyranniques avait été étonné de cette dernière remarque de Jang qui semblait presque envoûté par leur patron. Mais après, tout, il avait eu tellement peu l’occasion de le rencontrer, qu’il n’était pas capable à ce moment-là de se faire une idée du personnage par lui-même.

Son entretien d’embauche avait été rapidement expédié. Cha Won-Suk avait simplement pris une seconde pour jauger la silhouette de Sang-Tae avant de lui confirmer qu’il le prenait à l’essai. Depuis, il ne l’avait aperçu que quelques minutes par jour : chaque matin, lors du brief quotidien, et parfois en fin de journée quand il venait vérifier en personne l’avancée du chantier.

Voyant l’heure tourner, Sang-Tae chercha une dernière fois du regard la camionnette de Jang, sans la voir arriver. Il se décida à entrer pour le briefing quotidien.

Alors qu’il traversait le couloir en direction de la salle de réunion, il percevait déjà le brouhaha enjoué de ses collègues qui plaisantaient entre eux bruyamment. Il arriva devant la porte au même moment que leur patron qui venait à grandes enjambées de la direction opposée. Ce dernier lui offrit un sourire poli en guise de salutation et leva la main vers la porte pour lui indiquer d’entrer.

Sang-Tae fit donc irruption dans la salle de réunion, son patron à sa suite, et il fut amusé de voir instantanément cette foule de grands gaillards excités se calmer.

Après de brèves salutations, et quelques minutes passées à donner des directives aux différentes équipes, Cha Won-Suk invita ses hommes à se mettre en route pour leurs chantiers respectifs, et la pièce commença à se vider de ses employés. Sang-Tae, qui n’avait rien entendu à son sujet, se contenta d’attendre poliment que son patron ait fini de ranger ses papiers éparpillés pour s’avancer vers lui.

– Sang-Tae ! Jang m’a appelé ce matin pour me dire qu’il est souffrant.

– Ah ? Rien de grave, j’espère ?

– Non, pas de quoi s’inquiéter. Une grippe apparemment. Il risque d’être absent quelques jours.

– Ah…

– Vous aviez un petit chantier en binôme programmé pour la journée et c’est impossible de le décaler. Heureusement, j’ai réussi à me libérer de mes rendez-vous, donc exceptionnellement, c’est moi qui vais te superviser aujourd’hui.

– Compris.

– Allons-y !

Sang-Tae suivit son patron jusqu’à son pick-up et ils démarrèrent rapidement en direction du chantier.

C’était une petite école primaire de quartier dans laquelle il s’agissait de réaménager les espaces verts entourant la cour. Quelques arbustes à déplacer et réagencer, des parterres de fleurs à réinventer, et un petit coin potager à planter. Aucune tache particulièrement technique, ce qui convenait très bien à Sang-Tae qui ne se sentait pas encore très à l’aise vis-à-vis des maigres compétences dont il disposait en matière d’horticulture ou de paysagisme.

Dès leur arrivée, Sang-Tae fut chargé de décharger le matériel, pendant que son patron se dirigeait vers la directrice de l’école qui venait à leur rencontre pour les accueillir. Ils allaient sans doute prendre quelques minutes pour faire une dernière fois le point sur les aménagements à réaliser avant de commencer le travail.

Sang-Tae grimpa d’un geste souple à l’arrière du pick-up et saisit un premier sac de terreau avant de le hisser sur son épaule.

En se relevant, son regard se posa sur Cha Won-Suk et la directrice qui bavardaient gaiement quelques mètres plus loin.

La femme était tout sourire, et bien que Sang-Tae, à cette distance, n’entendait rien de leur conversation, et ne distinguait pas clairement leurs expressions, tout le corps de la directrice, sa façon de se pencher sur Cha Won-Suk, de poser sa main innocemment sur son avant-bras, et les éclats de rire exagérés qui ponctuaient ses phrases semblaient indiquer qu’elle était tombée sous le charme du paysagiste.

Il fallait dire que Won-Suk était un homme plus que charmant. Très grand, élancé, il avait un genre de grâce naturelle qui imposait le sérieux et le respect. Son travail ne nécessitant pas au quotidien d’être sur son 31, Sang-Tae avait toujours vu son boss dans des tenues décontractées, les cheveux parfois un peu ébouriffés, et ne prenant pas la peine de se raser de près. Ça lui donnait un style un peu « baroudeur » qui dénotait complètement avec son visage parfait et son corps ciselé qui n’avaient rien à envier à ceux des mannequins dans les défilés.

Par-dessus tout, Cha Won-Suk avait un regard profond et empli de sincérité.

À chaque fois que leurs yeux s’étaient croisés, Sang-Tae avait été frappé par la chaleur de ce regard, et la bienveillance qu’il y lisait en toute circonstance.

Sang-Tae se remémorera les paroles que Jang avait eues les premiers jours envers leur patron. Ce respect du vieil homme pour le paysagiste qu’il avait tout d’abord pris pour une futile adoration d’un employé pour son supérieur n’avait rien de superficiel, il en était maintenant convaincu.

Sang-Tea sortit soudain de sa rêverie pour se remettre au travail avant le retour de Cha Won-Suk. Quelques minutes plus tard, ce dernier revenait et grimpait sur le pick-up pour aider Sang-Tae à finir de décharger.

– La directrice vient de me proposer de réaliser tous les travaux d’ici le milieu de l’après-midi, et de faire participer les enfants qui le souhaitent aux plantations du potager après ça.

– D’accord

– Mettons-nous au travail !

À la grande surprise de Sang-Tae, bien que les deux hommes n’aient jamais vraiment été en contact auparavant, la journée se déroula dans une espèce de symbiose silencieuse très rassurante.

Won-Suk semblait avoir compris le caractère farouche du jeune homme et ne venait l’interrompre dans les tâches qu’il lui avait attribuées uniquement quand c’était nécessaire, pour lui donner une nouvelle indication, un conseil, ou une précision.

Si les échanges étaient rares, Won-Suk offrait pourtant toujours à Sang-Tae un large sourire, une amicale tape sur l’épaule pour l’encourager, et cette distance chaleureuse qui s’était instaurée entre les deux hommes semblait incroyablement naturelle et agréable aux yeux de Sang-Tae.

À l’heure du déjeuner, ils mangèrent en silence quelques sandwichs à l’ombre d’un arbre, puis Won-Suk proposa de s’octroyer 20 minutes de pause supplémentaire et indiqua à Sang-Tae qu’il allait en profiter pour faire une petite sieste.

Sang-Tae observa son patron s’étendre dans l’herbe, fermer les yeux et s’assoupir.

Assis à ses côtés, les genoux repliés pour soutenir ses bras, le jeune homme eut soudain à l’esprit que Won-Suk ne s’endormirait sans doute pas si sereinement à côté de lui s’il savait qu’il était en présence d’un gay. Ce regard si chaleureux, ces gestes amicaux que pouvait avoir naturellement Won-Suk envers ses employés s’arrêteraient sans doute net s’il avait connaissance des penchants de sa nouvelle recrue pour les hommes.

Un sentiment de vide le submergea à cette idée, et il ferma les yeux un instant pour ne plus y penser.

Quelques minutes plus tard, c’est un Cha Won-Suk tout sourire et visiblement reposé qui tapota délicatement l’épaule de Sang-Tae pour le sortir de sa torpeur. Les deux hommes se remirent au travail et réussirent à finir toutes les taches de la journée avant de voir débarquer un groupe composé d’une vingtaine d’enfants venus aider pour le potager.

Comme Sang-Tae s’y attendait, son patron dévoila des trésors de patience et de pédagogie envers les enfants. Et l’heure passée avec eux à planter des radis, ou des laitues, à leur expliquer comment en prendre soin pour bien les faire pousser, passa à une vitesse folle et dans une ambiance enjouée.

Puis vint le moment de se séparer. Si Sang-Tae eut droit à quelques inclinaisons de tête polies ou quelques signes de main en guise d’adieu, Won-Suk distribuait des caresses amicales dans les cheveux de chaque enfant à sa portée. Ces derniers lui rendaient alors des sourires comblés.

Une fois le groupe d’enfants dispersé, Won-Suk se retourna vers Sang-Tae.

– Merci pour ton travail aujourd’hui, on va remballer.

Un simple merci de la part de son patron, et Sang-Tae avait l’impression que ce dernier venait également de lui caresser la tête pour l’encourager, il en venait presque à regretter qu’il ne l’ait pas vraiment fait.

Abasourdi par cette dernière pensée, Sang-Tae secoua la tête comme pour s’en libérer et suivit son patron vers le pick-up à côté duquel ils avaient déjà rassemblé leurs outils qu’il ne restait plus qu’à charger.

Le jeune homme vit son patron ôter sa chemise en flanelle, la jeter par la fenêtre ouverte sur le siège passager, puis se diriger à l’arrière du véhicule.

Won-Suk se baissa alors pour saisir quelques outils éparpillés. Dans son geste, son T-shirt se releva un instant sur le bas de son dos laissant apparaître une image qui attira le regard de Sang-Tae.

Choqué, le jeune homme reconnut en un instant l’envolée d’hirondelle sur laquelle il fantasmait déjà depuis plusieurs semaines. À cet instant, il aurait aimé pouvoir se dire qu’il faisait erreur, mais ce tatouage, il l’avait tellement regardé qu’il ne pouvait pas se tromper. Il fallait se rendre à l’évidence, son brillant patron et son tendre Oiseaudenuit ne faisaient qu’un.

Ne sachant pas comment réagir, Sang-Tae reprit du mieux qu’il pouvait ses esprits pour ne rien laisser paraître de son trouble le temps de charger le véhicule. Une fois la tâche réalisée, il saisit son téléphone pour trouver une excuse pour s’enfuir, et se tourna vers Won-Suk alors que celui-ci commençait à parler.

– Allons boire un verre pour se détendre avant de rentrer, on l’a bien mérité…

Serrant son téléphone dans sa main comme une bouée de sauvetage, Sang-Tae le laissa à peine terminer sa phrase.

– Monsieur, un ami vient de me contacter, il est dans le coin et va venir me chercher pour me raccompagner.

– Ah ? Si tu veux ton ami peut se joindre à nous…

– Non, c’est bon, il vient d’être libéré de l’armée et je lui ai promis de passer du temps avec lui, il serait gêné.

Sang-Tae qui n’était doué ni pour les interactions sociales, ni pour les mensonges, espérait qu’il avait été assez convaincant pour repousser l’offre de son patron sans l’offusquer.

– D’accord, passe une bonne soirée !

– Pareillement monsieur.

Sang-Tae inclina la tête dans un geste de respect et n’osa plus la relever avant que le pick-up ait démarré. Il n’avait pas le courage de croiser les yeux de son patron avant d’avoir pris le temps de réfléchir calmement à cette situation.

Après une heure et demie passée dans le bus pour rentrer, Sang-Tae referma enfin la porte de son appartement derrière lui, y appuya son dos et se laissa glisser sur le sol dans un soupir.

Il avait le cerveau en surchauffe. Il avait beau s’être retourné les méninges, il ne voyait pas comment se sortir de cette situation.

Son premier réflexe avait été de vouloir démissionner et couper tout contact avec Oiseaudenuit. Puis il s’était raisonné.

Il était un homme adulte qui pouvait tout à fait gérer cette petite contrariété. Ce travail était pour lui le meilleur qu’il ait trouvé depuis longtemps, et il ne voulait absolument pas le quitter. En conclusion, s’il voulait conserver l’esprit tranquille, il lui suffisait de renoncer à Oiseaudenuit.

Un homme tel que Won-Suk, brillant chef d’entreprise, intelligent et rayonnant, se remettrait certainement très vite s’il perdait de vue son amant virtuel. Parce que oui, cette relation virtuelle ne pouvait que le rester.

Sang-Tae n’avait aucune compétence, aucune qualité qui susciterait l’intérêt d’un homme comme Won-Suk. C’est la seule idée qui tournait en boucle dans sa tête. En sachant qu’il était « Toujoursdebout », il ne pourrait que le rejeter, et ça, Sang-Tae ne s’en remettrait jamais, il le savait.

*BABOUM*

– Journée intéressante au boulot, mais je suis épuisé. Et toi, tu vas bien ? Tu as mangé?

Le son caractéristique de l’application venait de signaler à Sang-Tae qu’il avait un nouveau message. Il n’avait même pas besoin de vérifier pour savoir de qui il s’agissait.

Sang-Tae décida qu’il valait mieux couper les ponts d’un coup sec et ne plus y penser.

– Je ne vais plus avoir le temps de te parler. C’était sympa, mais ne me contacte plus. Désolé.

Il envoya le message dans la précipitation avant de se laisser l’occasion de changer d’avis.

*BABOUM* *BABOUM* *BABOUM*

Le son des notifications semblait répondre à son cœur blessé, et il préféra ne pas lire les messages d’Oiseaudenuit. Il éteint son téléphone. Il se leva mollement pour s’écrouler sur son lit et étouffer un cri de rage dans son oreiller avant de s’endormir épuisé quelques minutes plus tard.

Jang fut encore absent les deux jours suivants. Par chance, Won-Suk avait signalé à Sang-Tae que s’il avait été disponible pour travailler en binôme le premier jour, ce ne serait pas le cas par la suite. Il l’avait donc fait intégrer une plus grande équipe d’employés qualifiés pour continuer à lui apprendre les ficelles du métier sur de plus gros chantiers avant le retour de son collègue le plus âgé.

Sang-Tae souhaitant au maximum éviter son patron pour le moment, il avait donc décidé de ne pas se présenter aux briefs du matin, et de quitter le travail avant ceux du soir, au moins jusqu’au retour de Jang.

Dans l’après-midi du deuxième jour, le chef d’équipe de Sang-Tae l’interpella pour lui signaler que le patron ne pourrait pas se déplacer sur le chantier, mais qu’il avait demandé à ce que le jeune homme passe le voir à son bureau après avoir fini sa journée.

C’est donc avec une gêne non dissimulée qu’il vint à la rencontre de Won-Suk en fin d’après-midi. La secrétaire du patron indiqua à Sang-Tae que ce dernier était sur le point d’en finir avec un rendez-vous client, et qu’il devrait un peu patienter.

Sang-Tae se laissa tomber sur une chaise dans un soupir, n’ayant aucune idée de ce que son patron lui voulait.

Un quart d’heure plus tard, il vit Won-Suk raccompagner son client à la réception après leur rendez-vous.

Le client en question ? Une jolie jeune femme qui posait sur Won-Suk le genre de regard qu’il avait imaginé s’afficher dans les yeux de la directrice de l’école quelques jours plus tôt. Un regard rempli d’admiration et de désir à peine voilé.

Sang-Tae se surprit à ressentir un vif élan de jalousie lui poignarder le cœur. Il détourna les yeux et attendit patiemment la gorge nouée que son patron en ait fini avec les dernières politesses accordées à sa cliente.

– Sang-Tae, allons parler.

– Ah.

La voix posée de Won-Suk le fit sursauter. Il rassembla tout son calme et suivit son patron à travers les quelques mètres de couloir qui les séparaient du bureau personnel du paysagiste. À peine entré, Won-Suk traversa la pièce pour s’asseoir derrière son bureau et fit signe à Sang-Tae de s’installer sur un siège devant lui.

– Que se passe-t-il Sang-Tae ?

– Pardon ?

– Tu ne t’es pas présenté aux briefings du matin ces deux derniers jours, et ton chef d’équipe m’a signalé que tu avais demandé à t’absenter en fin de journée.

– Écoute, tu es jeune et tu viens de retrouver ton ami avec qui vous avez du temps à rattraper, mais j’ai besoin de compter sur mes employés pour assurer leurs heures de travail. Tu as tout à fait le droit de t’amuser sur ton temps libre, je n’ai évidemment rien à dire là-dessus, mais ça ne doit pas t’empêcher d’être sérieux.

– Ce n’est pas ça… Je suis désolé…

– Si tu as des problèmes, sens-toi libre de m’en parler.

– J’ai juste… J’ai eu une situation à gérer. Je ferais en sorte que ça ne vienne plus empiéter sur mon travail. Je vous le promets.

Won-Suk offrit à Sang-Tae son éternel sourire chaleureux en guise de réponse.

Espérant en finir au plus vite avec cette discussion gênante, Sang-Tae lui répondit également par un sourire qu’il espérait rassurant.

Tout à coup, le visage de Won-Suk blêmit, et Sang-Tae vit son patron s’empresser de saisir son téléphone.

– Attends un instant s’il te plaît.

Won-Suk pianota un moment sur son smartphone l’air contrarié.

*BABOUM*

À l’instant où il entendit la notification provenant de son portable dans sa poche, Sang-Tae croisa le regard interloqué de son patron, et comprit que le secret de leur relation virtuelle qu’il comptait garder pour lui venait d’être dévoilé.

Complètement paralysé, il vit Won-Suk se lever et avancer à grand pas droit sur lui. Avec un air déterminé, son patron appuya ses mains sur le dossier de son siège, de part et d’autre des épaules de Sang-Tae, et pencha son visage vers le sien.

Il détailla un instant son visage avec attention comme s’il le découvrait pour la première fois. La détermination dans son regard sembla à nouveau se transformer en peine. Apparemment très choqué, Won-Suk tomba à genoux devant Sang-Tae. Avant de s’en apercevoir, ce dernier s’était penché vers son patron, une main posée sur son épaule, une autre derrière son cou, dans un geste de protection.

Après quelques secondes, Won-Suk leva un visage inquiet vers Sang-Tae et vint déposer une main sur sa joue, son pouce caressant légèrement sa peau près de la commissure de ses lèvres.

– Tu sais que tu as une fossette qui se forme ici quand tu souris ?

– Je sais.

– Si tu souriais plus souvent, je t’aurais reconnu bien plus tôt.

– Hmm

– Tu n’as pas l’air surpris, tu savais déjà qui j’étais ?

– Ouais.

– Depuis quand ?

– J’ai aperçu ton tatouage quand on était à l’école…

Won-Suk se releva d’un bond et fit lentement un pas en arrière, l’air pensif.

– C’est pour ça ton comportement des derniers jours ? Tu voulais m’éviter au travail et aussi arrêter de me parler sur l’application ?

– Hmm

– C’est parce que je ne te plais pas ?

– Mais non ! Comment tu pourrais ne pas me plaire ?

L’inquiétude qui semblait tenailler Won-Suk jusque-là fut soudain balayée par quelque chose qui ressemblait à de la colère. Il fondit à nouveau sur le jeune homme pour s’asseoir à califourchon sur ses genoux et coller son front contre le sien.

– Alors, qu’est-ce qui te gênes ? Tu te sens diminué parce que je suis ton patron ? Tu as peur de tes sentiments et de ce qui pourrait arriver ?

Sang-Tae déglutit péniblement en constatant que Won-Suk avait visé si juste. Il sentit ensuite la tête de son patron glisser sur le côté pour venir maintenant s’appuyer contre l’une de ses clavicules. Délicatement, Won-Suk passa ses bras sous les pans de la veste de Sang-Tae pour le serrer timidement contre lui.

Un peu perdu, Sang-Tae ne comprit pas tout de suite comment réagir à la détermination farouche de son patron qui venait semble-t-il de se transformer en une tendre soumission.

Il pensa un instant au ridicule de la situation. Cet immense Apollon qu’il connaissait plein d’assurance et de joie de vivre était maintenant lové contre lui et l’agrippait désespérément comme un petit singe sans défenses accroché au ventre de sa mère.

Comme s’il répondait à ses pensées, l’étreinte des bras de Won-Suk se fit plus forte, comme pour s’assurer que son compagnon ne puisse pas s’enfuir.

– N’aie pas peur Sang-Tae. N’aie pas peur !

– Qui a peur ?

Won-Suk resserrait encore son étreinte en répétant ces derniers mots comme une prière.

Oubliant tous ses doutes Sang-Tae prit délicatement le visage de son patron entre ses mains et le releva vers lui lentement, obligeant Won-Suk à le regarder dans les yeux.

Sang-Tae eut lui-même du mal à reconnaître la voix éraillée avec laquelle il avait prononcé ces derniers mots.

Les deux hommes se défièrent un instant du regard avant que Won-Suk finisse par rompre le silence :

– Si tu ne veux pas qu’il se passe quoi que ce soit entre nous, je te lâche tout de suite, et notre relation s’arrêtera à celle d’un patron et de son employé. Dans le cas contraire, je ne peux pas te laisser partir comme ça.

Ne trouvant rien à répondre, Sang-Tae se résigna à se laisser aller et approcha son visage de celui de Won-Suk pour faire courir sa langue sur les lèvres de ce dernier. Son patron ferma un instant les yeux, comme pour profiter pleinement de ce premier et tant attendu geste de tendresse du jeune homme envers lui.

Won-Suk entrouvrit alors ses lèvres pour laisser sa langue aller à la rencontre de celle de Sang-Tae et elles finirent par s’unir pleinement dans un baiser tendre et passionné.

Un élan d’audace s’empara alors de Sang-Tae qui fit passer ses mains sous la chemise de son aîné pour venir caresser le bas de son dos, juste à l’endroit où il savait qu’était tatouée la nuée d’hirondelles qui emplissait ses nuits de fantasmes depuis des semaines.

Entre deux baisers, Won-Suk laissa échapper un grognement sous cette caresse. Emporté par la fougue, Sang-Tae se leva, soulevant son compagnon dans ses bras pour parcourir les quelques pas qui les séparaient du bureau. Il déposa prudemment son patron au sol et le fit se retourner puis se pencher en avant, le torse plaqué au bureau.

– Qu’est-ce que tu fais ?

– Je veux juste le voir.

Sans plus d’explications, Sang-Tae souleva délicatement la chemise de Won-Suk pour dévoiler le tatouage caché au creux de ses reins. Il le contempla un instant en silence, puis commença à en parcourir les contours du bout des doigts. Il vint ensuite embrasser l’objet de ses fantasmes du bout des lèvres. Ce faisant, il caressait le ventre de Won-Suk, sentant se contracter les muscles de ses abdominaux contre ses mains fiévreuses.

Après quelques instants, Sang-Tae se redressa pour à nouveau admirer le tatouage. La vue de ce dos faisait naître en lui des pensées si indécentes qu’il commença malgré lui à frotter lascivement son bassin contre le postérieur de son patron.

– Mon oiseau de nuit… Tu ne peux pas t’imaginer combien de fois j’ai rêvé de faire ça…

Won-Suk se releva d’un bond, repoussant Sang-Tae de son bras.

– Attends, on ne peut pas faire ça !

– Quoi ? C’est toi qui as peur maintenant ?

– Oui, j’ai peur !

Sang-Tae prit soudain conscience de l’endroit où ils se trouvaient. De la secrétaire de Won-Suk dont le bureau était situé de l’autre côté du mur. Des employés qui, même à cette heure avancée, arpentaient encore parfois les couloirs avant de rentrer chez eux…

Le jeune homme prit entre ses mains le visage inquiet de son patron et déposa un léger baiser sur son front.

– On va aller ailleurs…

Il prit la main de Won-Suk dans la sienne et fit un pas vers la porte. Son patron retira alors sa main comme s’il avait été brûlé.

– C’est pas ça ! Enfin, je veux dire… Si, aussi… Mais c’est pas le plus important !

– Qu’est-ce qui t’inquiète alors ?

– Tu sais… Même si notre relation était virtuelle, j’ai toujours été sérieux avec toi. Je veux dire, j’aimais avoir quelqu’un à qui parler sans préjugés, avoir quelqu’un qui m’écoute, quelqu’un de qui me soucier, et aussi… Pour des choses plus osées…

Sang-Tae comprit qu’il avait peut-être été un peu vite, et avait effrayé Won-Suk. Après-tout, lui-même qui avait connaissance de leurs identités respectives depuis plusieurs jours n’était pas encore tout à fait familiarisé avec ça.

Il s’approcha et serra timidement son patron dans ses bras, dans un geste qu’il voulait rassurant.

– Désolé, je ne veux pas te forcer à continuer…

Won-Suk posa sa main sur la joue de Sang-Tae.

– Non, tu ne me forces pas. Je veux dire, j’étais un peu surpris que ce soit toi, parce que je ne t’avais jamais vu comme autre chose qu’un employé mignon que je viens d’embaucher. Je suis ravi que ce soit toi, hein ! Mais aussi vraiment sous le choc qu’on se rencontre comme ça…

– Tu me trouves mignon ?

– Laisse-moi finir, ne change pas de sujet !

– Ok, ok.

– Bref, ce qui me fait peur, c’est que pour toi, je suis peut-être juste un fantasme de mec tatoué avec qui tu as fait virtuellement connaissance et que la flamme s’éteindra une fois ton désir assouvi…

Sang-Tae bouillait intérieurement et décida de faire taire Won-Suk d’un nouveau baiser enflammé. Après quelques instants, il s’écarta à contre-cœur des lèvres de son patron, tout en retenant contre sa joue la main avec laquelle ce dernier avait caressé son visage pendant leur baiser.

– Won-Suk-ah… Si j’ai une petite obsession pour ton tatouage, c’est pour la même raison que celle qui te fait caresser ma fossette quand on s’embrasse… C’est juste que pendant un moment, ce sont les seuls repères physiques qu’on avait l’un sur l’autre. Ça ne veut pas dire que c’est tout ce qui compte.

Won-Suk jeta un œil étonné sur son pouce posé à l’endroit où apparaissait parfois la fossette de Sang-Tae et esquissa un léger sourire. Le jeune homme reprit :

– J’ai toujours pris très sérieusement notre relation également. C’est même pour ça que j’avais peur de te rencontrer et de casser la magie de ce qu’on avait. Ces derniers jours, j’y ai beaucoup pensé… J’ai été lâche parce qu’en comprenant que j’étais ton employé, j’avais peur que tu ne puisses pas m’accepter. Ça m’aurait vraiment brisé le cœur et j’ai préféré rompre tout contact en premier. Je suis désolé.

Sang-Tae attrapa alors la main de Won-Suk pour y mêler ses doigts avant la soulever vers ses lèvres pour déposer un léger baiser sur son poignet.

– J’ai compris mon erreur maintenant, et je suis assez confiant pour te dire que cette main, je ne vais plus jamais la lâcher.

Won-Suk enroula alors ses bras autour du cou de Sang-Tae pour sceller cet accord d’un simple baiser qui se transforma bien vite en une langoureuse série d’embrassades enflammées.

Après un long moment à mêler leurs langues dans un sensuel ballet, les deux hommes décidèrent sagement qu’il était temps de quitter les lieux pour avoir tout le loisir de laisser libre cours à leur passion en toute intimité.

Dans le pick-up de Won-Suk, qui les menait vers son appartement, le patron et son employé ne pouvaient s’empêcher de se jeter des regards impatients et amusés. Incapables de parler, ils étaient tous les deux bien trop occupés à imaginer qui de l’oiseau de nuit ou de l’homme qui se vantait d’être toujours debout finirait au petit matin le plus épuisé.

END

By AMÉLIE – BOYLOVE FOLIE

Deuxième Gagnante

« L’amour est Unique »

Histoire inspirée d’un ami coréen, mais que j’ai imaginée,

ATTENTION

Des propos sexuelles sont écrit ici ^^’ donc s’abstenir de lire si personne ne voulant pas lire cela… j’aurais prévenu 🙂

C’était il y a 1 an, mon dernier shooting photo de la journée venait de se terminer. Quel plaisir après cette journée interminable.
Il m’arrive de n’avoir aucun contrat, mais d’autres fois, mon agenda est plein à craquer.

« Mince il est minuit cinq, il faut que je rentre sinon ça va chauffer ! Ca fait déjà quatre soirs que je rentre tard ».

Je cours pour prendre un taxi. Il faut noir, mais Séoul avec toutes ces illuminations de noël, c’est tellement beau. C’était ma saison préférée à l’époque.
Comment vais-je faire pour lui expliquer… ça va encore être difficile pour notre couple…

Voilà 2 semaines que nous n’avons plus de petits moments à nous. Noël est bientôt là. J’aimerai lui faire un cadeau merveilleux.

Minuit et vingt minutes, me voilà enfin chez moi. Je suis heureux d’être rentré. Les lumières sont éteintes, même le sapin, qui d’habitude est allumé pendant la nuit, il égaye la maison. Je pense que cette fois, il semble très en colère.

Je rentre dans la chambre noire. Il est allongé. Oui, ma moitié est un homme. Il est étranger. C’est un autre mannequin qui vient d’Espagne. Pablo est châtain, les cheveux mi-long et les yeux d’un vert clair magnifique. Il mesure 1m90 et j’aime ses mains musclées quand il me caresse. Je fais 1m88, donc ses bras sont un réconfort pour moi.

Je pose mes affaires et vais prendre une douche. Je me glisse dans le lit et mets mes mains sur son torse musclé. Mais il me repousse. Pablo me lance un « Tu es enfin rentré. Il était temps ! » avec un ton froid. 

  • Je suis désolé, j’ai pris du retard. Le photographe voulait en faire des noirs et blanc avec un petit chien en habit de noël. 
  • Là n’est pas la question Min-Ho ! me dit-il en me regardant fixement avec un regard triste.
  • Tu sais que ce n’est pas ma faute, je dois respecter les termes des contrats et là c’était pour « l’Homme », tu sais cette célèbre marque française. Je n’ai pas le droit à l’erreur. 
  • Je sais. Hier, c’était pour VOGUE et ils voulaient que tu poses avec une tenue de père noël avec la veste ouverte et ils ont rajouté une mère noël au dernier moment. Je suis sur pas mal de contrats aussi. Tu me connais en ce moment avec Louis Vuitton c’est la course, mais pourtant je trouve du temps pour essayer d’être avec toi !
  • Pablo s’il te plaît, ne sois pas en colère. Demain, je rentrerai tôt et je te préparerai un bon repas espagnol que tu m’as appris. Lui dis-je en l’embrassant. 
  • Je verrai demain, parce qu’il me semble que tu m’avais dit ça pour aujourd’hui aussi. S’exclama-t-il en me tournant le dos. 

Je comprends que je ne dois pas insister quand il est comme ça. Je reste fixé sur son dos large et le sommeil me gagne dans ce silence inquiétant.

Le lendemain, le réveil sonne à 8h tapante. Pablo est déjà parti. Je vais prendre le petit déjeuner et je vois un mot de mon bien-aimé.

« N’oublie pas ce que tu m’as dit »

Je pars au travail et la journée semble aller plus vite qu’hier. Mais même si je suis très occupé, je suis dans les temps. Mon dernier shooting est à 16h et je dois finir vers 18h.

Je me dépêche de prendre un taxi et sur le chemin, je vois Pablo dans les rues de Hongdae. Il fait un shooting extérieur. C’est encore avec Marie. Elle est française et modèle dans la même agence que lui. Je le vois beaucoup sourire avec elle. Pablo est bisexuel à la différence de moi qui suis homosexuel.

A partir de ce moment-là, je comprends que je dois à tout prix tenir mes mots que j’ai dits hier. 

Je me dépêche de finir ce dernier shooting pour rentrer préparer un délicieux repas.
17h50, je finis et je prends le métro pour rentrer à Gangnam.

Je vais lui préparer une tortilla et un cocido madrileño qui est une sorte de pot-au-feu. Je pense idéal pour cette saison hivernale très froide. Il est 19h15, dans 1/2h il sera là. J’espère que ça va lui plaire. Vite, je finis quelques détails sur la table et tout sera prêt pour sa venue. La semaine prochaine c’est noël et je pense savoir ce que je veux lui préparer à manger. Nous serons chacun à un repas en début de soirée avec nos entreprises respectives. 

19h40, il n’est toujours pas là. Je n’ai pas de messages non plus. Devrais-je l’appeler ?
C’est à 19h56 que j’entends le code de la porte. Celle-ci claque pour se refermer et j’entends sa démarche venir dans le salon. 

  • Je suis rentré ! Min-Ho ! Où es-tu ?

Il défait ses vêtements et me voit sur le canapé.

Te voilà ? Enfin, tu es là ! Mais… Que se passe t-il ? Pourquoi pleures-tu ? Demande-t-il inquiet.

Je pensais que tu ne rentrerais plus ! Dis-je en pleurant et en me jetant dans ses bras. Mon cœur me faisait tellement mal. 

Tu n’es qu’en caleçon en dessous de ton tablier ? me dit-il en touchant celui-ci.

Oui, j’ai froid maintenant ! Je t’attendais depuis longtemps. Le repas doit être froid !

Nous échangeons alors un baiser langoureux. Mon corps commence à réagir. Je le veux. Je veux lui appartenir encore cette nuit. Cela fait longtemps que nous ne l’avons pas fait.

Il me passe la main le long de mon dos et je gémis. J’ai chaud, son corps est brûlant. Ma main se glisse vers son caleçon. Elle durcit doucement. Puis il m’allonge sur le canapé et commence à m’enlever le tablier. Il défait lentement le nœud. Me murmure mon prénom au creux de l’oreille.  Pablo embrasse mon torse en descendant doucement vers mes parties intimes. Je glisse mes mains dans ses cheveux doux châtain. Ma respiration s’accélère et je recommence à gémir. C’est tellement bon. Je le pose à mon tour et baisse son pantalon. Son torse musclé est en sueur. Mon corps tremble de plaisir. Ses mains se baladent sur mes fesses. Il me laisse des baisers le long de ma nuque. Je me frotte à lui et je prends son sexe dans ma main. Je lèche doucement son cou, il me mord légèrement le lobe de l’oreille.

Puis prend mon sexe avec sa grande main musclé en faisant des vas et viens. Il respire de plus en plus vite. « Min-Ho, je te veux ! » me dit-il excité. « Viens vite, ah… je t’en pris ! AH … Je ne vais pas tenir ! » lui répondis-je en gémissant encore. Pablo se place et je sens son pénis qui va pénétrer en moi, mais tout à coup, son téléphone sonne.

C’est la sonnerie de sa mère.

Nous sommes alors coupés dans notre élan.
Pablo n’avait pas eu sa mère depuis 1 semaine et demie et l’appel était précieux pour lui.
La soirée se passe plus tranquille qu’elle n’a commencé.

Mon aimé passe 3h30 au téléphone avec sa famille. Nous rigolons beaucoup et Pablo fait le traducteur espagnol-coréen et inversement. Ça fait tellement de bien d’avoir eu ce genre de soirée. Vu l’heure tardive, nous partons nous coucher.

La semaine qui suit est tout autant chargée et je rentre encore tard à la maison. Entre 2 shooting, j’arrive à faire quelques magasins pour chercher un cadeau de noël pour lui. Mais rien ne me frappe.

Puis 2 jours avant la veille de noël, une idée me vient. Prendre quelques jours de congés pour le nouvel an et aller en Espagne pour rencontrer sa famille en vrai. Il veut le faire depuis si longtemps. Je lui annoncerai le 24 au soir, il sera heureux. 

Le 23 décembre, j’arrive à finir tôt et je me hâte de rentrer. Mon cœur bondit de joie et j’ai le sourire tout le long dans le métro. Les illuminations de noël brillent plus fortement ce soir ! Un père noël donne des bonbons à des enfants à la sortie du grand magasin de Hongdae.

Décidément cette fête est magique ! Ce soir-là, Pablo ne rentre pas avant 23h45. Où était-il ?
Vu sa démarche dans l’ombre, j’en déduis qu’il est saoul. Il part directement sous la douche. Après 20 min, il vient sous les draps et je me colle à lui. 

T’es rentré tôt aujourd’hui ? Je pensais que tu ne rentrerais pas avant 22h comme tous les soirs… Me dit-il en rigolant.

Je suis désolé. J’avais beaucoup de travail, je te l’ai dit. Mais demain c’est la veille de noël et j’ai un cadeau magnifique à t’offrir ! Lui dis-je en me serrant contre lui. Son gel douche sent tellement bon. J’aime son odeur boisée. Cela me détend.

Oh ! Et bien on verra, je suis fatigué de t’attendre tous les soirs. On se retrouve au même endroit que l’année dernière. Pour 20h30 ce sera bon je pense. Dors un peu maintenant.

Bonne nuit Pablo.

Mmm, toi aussi Min-Ho.

Sur ces mots, nous nous endormons comme nous pouvons. Je sais que mon comportement y était pour beaucoup dans sa distance envers moi.

Le lendemain, le levé se fait sans lui comme tous les matins. La journée passe lentement. Je pense sans arrêt à lui aujourd’hui. Je veux le voir.

Le soir arrive, il est 17h30, nous allons à notre soirée chacun de notre côté. Je n’ai qu’une hâte après ce dîner. Retrouver mon aimé.

A 20h, je me dépêche de sortir et je cours vers Everland ce grand parc d’attractions. Là où il m’a avoué ses sentiments il y a 1 an et m’a embrassé dans la grande roue. Nous avons regardé le feu d’artifice ensemble. Nous nous sommes encore embrassés sous cette pluie colorée. Nos cœurs battaient à l’unisson. Tout était merveilleux. 

Il est 20h30, je suis impatient de lui annoncer mon cadeau de noël. Il n’en reviendra pas. Mon cœur bat la chamade. Mes mains sont chaudes malgré le froid ! Je suis excité comme un enfant qui va ouvrir ses cadeaux de noël. Plus que quelques minutes et enfin je pourrai le serrer dans mes bras. Après le parc, nous pourrons passer une nuit blotti l’un contre l’autre, à manger des cookies et boire du vin chaud. Puis faire des choses qui nous réchaufferont. J’adore ses câlins. Puis ses lèvres sur les miennes. Tellement humides et douces.
Je veux le voir. Vite !


Il est 22h, je ne comprends pas. Beaucoup de couples passent devant moi. Cet énorme sapin qui brille de mille feux. Les chansons de noël dans les magasins. Les animations dans les vitrines que je connais maintenant par cœur.

Que fait-il ? C’est alors que je vois ce bel homme arriver l’écharpe sur le visage pour couper ce froid glacial. Je suis heureux. Il arrive en marchant tranquillement. Cette magie de noël me donne tellement du baume au cœur que je souris bêtement et m’avance vers lui. 

  • Je suis tellement heureux de te voir ! Lui dis-je en le serrant dans mes bras. 

Mais il y a un problème, il ne partage pas mon câlin, ni mon sourire. Il me regarde les larmes aux yeux. 

-Je suis désolé. Je n’en peux plus. Je pense qu’il vaut mieux en rester là…

END

By Marion / BolDeRiz – MOMIJIDREAM FANSUB

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